pourquoi je marche à l’électricité

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Pour les dessins ou pour les textes, je marche beaucoup aux références. Ce sont les films, livres… qui m’inspirent et me donnent le carburant nécessaire. Ensuite bien sûr, je mélange avec mes propres expériences, des détails de mon parcours, pour obtenir un cocktail avec ma sensibilité.
Depuis le début de ce projet, il y avait Mima de Perfect Blue et Marilyn, la star tombée trop vite. Cette dernière a d’ailleurs eu un impact évident sur deux textes en particulier: « Marilyn bis » et « Je marche à l’électricité ».
Mais allons creuser un peu plus avant ce dernier titre dans ses influences et le sens.
Making of récit.

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Sur « Je marche à l’électricité », à posteriori (puisque j’écris dans un état de pur instinct) quelques œuvres ou événements m’apparaissent clairement à travers les phrases et les images.
L’accident d’une actrice qui devient un « fantôme », c’est bien sûr la tête d’affiche de 7 ans de réflexion, disparue trop vite de manière tragique et rentrée dans la légende. Son aura nous hante toujours, et moi en premier, car je venais de lire une biographie quelques jours avant d’attaquer ce recueil.
Je pense aussi à un autre fait célèbre et effrayant: Michael Jackson qui a été brûlé assez grièvement sur le tournage d’un spot TV. L’anecdote a été souvent rapportée dans des documentaires. Et bien sûr, le King of Pop marquait les esprits par son évolution physique. Changer de visage, c’est un des thèmes de mon projet, donc une connexion appropriée.
En 2002 je crois, un des films m’ayant le plus marqué était Vanilla Sky, avec un Tom Cruise défiguré, cherchant à retrouver sa vie ou à se réinventer. Ne plus être qu’un masque, le fantôme de sa gloire d’antan: Sous X parle beaucoup de ça, les questionnements intérieurs, « et si je perdais tout? », « et si je m’effaçais complètement? »…
C’est enfin le chef d’oeuvre de Gaston Leroux, qui a été exploité sous diverses formes, comédies musicales, pièces, films… Revenir chercher vengeance et s’accrocher à une existence malade, même pathétique/tragique, comme pour celle du Fantôme de l’opéra (à titre personnel, j’ai découvert la version Adrew L. Webber à Londres, et adoré, mais je garde aussi un fort souvenir du long métrage de J. Shumacher, avec les formidables passages chantés par Emmy Rossum).

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Ce qu’il faut savoir concernant ce texte qui vient clôturer le sommaire du recueil et s’ajouter en dernier bonus, c’est qu’il a d’abord été question que j’appelle le livre « Electrify me ». La partie suppléments avait déjà dans son titre « Electric Street », et j’ai commencé par développer cet aspect.
Je compose au fur et à mesure. Les thèmes doivent déjà macérer dans mon cerveau avant que j’ai posé le premier mot, mais voilà le processus:
un texte bonus (Chaude piste , dans ce cas) afin de se dérouiller, se chauffer, j’attaque le morceau principal avec le premier titre, puis je déroule la liste. Une histoire après l’autre.
Le sujet principal devient plus présent au fur et à mesure, je creuse dans cette direction.  Mais ce n’est qu’à la fin, avec le dernier récit et le moment de trouver le titre global, que la lumière se fait pleinement. Il arrive souvent d’ailleurs que le nom du livre/projet et l’ultime récit se répondent, les mêmes mots, en anglais pour l’autre et français pour l’autre, par exemple.
Ma première idée n’avait rien à voir avec « Sous X », j’aimais bien la manière dont ça sonnait, l’atmosphère qui s’en dégageait. Mais je me suis aperçu que les pages étaient imprégnées par le motif de l’identité perdue, les questionnements sur soi, le fait de trop s’effacer. Ce qu’il fallait capturer/retranscrire plus efficacement. 
Alors j’ai changé mon fusil d’épaule au dernier instant, et comme c’est difficile de choisir, que je n’aime pas perdre des idées qui résonnent, j’ai inversé: « Face de rien » est devenu l’ouverture de cette histoire pour ne pas être redondant avec « Sous X » (des termes différents, mais sens identique), tandis que le nouveau titre « Je marche à l’électricité » me donnait matière pour orienter le destin de cette jeune femme, faire que son accident soit central, et point de départ de son étrange addiction.
Comme une toxico à l’électricité.

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Au bout du compte, avec toutes les intrigues en tête et le sujet principal, j’ai pu embrayer sur la conception visuelle, et résumer ça dans une image. La couverture officielle. 
Sans oublier le portrait d’auteur: Millie Embrose (mon pseudo), c’est aussi Mima et sa quête pour se trouver à travers les méandres de la schizophrénie, le dédoublement de la personnalité. Les errances de l’adolescence ou quand on entre dans l’âge adulte.
Un puzzle, un patchwork d’émotions et d’images, un diaporama de visages et de fantasmes, comme ce recueil.
Une petite collection de « rêves », de fictions, comme un miroir intime à un moment donné. Une mosaïque variée et étrange, structurée autour d’une idée mais aussi éclatée. Un peu comme on change d’attitude et d’humeur au fil des journées, passant de l’euphorie à la colère, deux secondes avant le spleen ou la paix intérieure. 

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